Accéder au contenu principal

CÔTE D'IVOIRE : un chef milicien de Yopougon fait des révélations troublantes


Depuis la chute de Laurent Gbagbo du pouvoir d’Etat, une résistance contre le pouvoir en place s’est véritablement mise en place dans la commune de Yopougon, au point où chaque jour qui passe devient un calvaire pour les éléments des « Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ». Pour en savoir un peu plus sur cette organisation sécrète, nous avons entrepris des démarches qui nous ont conduit vers le chef de ce commando. Celui-ci n’a pas fait de difficultés pour nous expliquer le sens des actions menées par son organisation, ainsi que ses rapports avec « le général » Ibrahim Coulibaly dit I.B. Mais aussi avec les « Forces de défense et de sécurité (FDS) ».
Ce mardi 19 avril 2011, il est 07 heures. La commune de Yopougon sort peu à peu de sa torpeur après les violents combats qui ont opposé les « FRCI » et le « groupe des patriotes pour la paix (GPP) », le vendredi 15 avril 2011 dernier. Depuis cette date, nous avons tenté de rencontrer le principal responsable de cette organisation armée qui donne du fil à retordre aux éléments de Guillaume Soro pour savoir les raisons profondes de sa résistance alors que tout le monde appelle à la fin des hostilités. C’est dans un maquis, un espace ouvert au quartier Maroc, que nous sommes reçu par celui qui va se présenter comme le principal responsable de cette organisation créée au lendemain du déclenchement de la crise en 2002. C’est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui nous le présentera. « Chef ce Monsieur veut vous voir, c’est l’un de nos combattants. Il est venu s’inscrire ». Le subterfuge paye car d’abord méfiant, cet homme d’une quarantaine d’années va peu à peu se découvrir quand il apprendra que nous sommes combattant. Au fil de notre entretien, il nous apprend qu’il se nomme Samuel Doe (S. D.) et qu’il est sergent-chef dans l’armée ivoirienne. Selon lui, le groupe qu’il dirige combat aujourd’hui pour la légalité constitutionnelle car pour lui ce qui vient de se passer en Côte d’Ivoire est un véritable coup d’Etat que son groupe ne saurait cautionner. Au dire de ce « sergent-chef » des « FDS », le « GPP » ne déposera pas les armes tant que l’ex président Laurent Gbagbo sera hors du palais. « Nous mènerons la vie dure à Alassane Ouattara comme il l’a fait pour notre président qui a été chassé par la France et qui vit dans des conditions inhumaines dans un village du nord de la Côte d’Ivoire. Tant que Gbagbo sera hors du palais, nous ne cesserons pas de nous battre car notre leitmotiv est le respect de notre constitution »,
dit-il.

ALLIÉ DE IB ?
Selon ce combattant, son groupe et lui entreprendront des actions vigoureuses, dans les jours à venir, afin de « libérer » Abidjan aux mains des hommes d’Alassane Ouattara. Par la suite, S.D. a révélé que le mouvement qu’il dirige entretient d’étroites relations avec le sergent-chef Ibrahim Coulibaly dit IB qui serait son véritable pourvoyeur en armes et en hommes. Aussi ce chef milicien a ajouté qu’il y a quelques jours, une dame serait venue le rencontrer pour lui demander de surseoir à leurs actions afin d’ouvrir des pistes de discussions en vue de rétablir l’ordre sur toute l’étendue du territoire. A cette dame envoyée par le nouveau pouvoir en place, celui-ci aurait rétorqué qu’il y aurait la paix si l’ex président revenait au pouvoir. « Les gens peuvent s’amuser à vouloir nous désarmer de force. Mais ça sera un échec car nous avons plus de 20000 combattants qu’on retrouve dans toutes les couches et toutes les villes de notre pays, même chez des éléments « FDS » restés fideles au président déchu. Le vendredi 15 avril 2011 dernier, des éléments du « FRCI » qui ont tenté de nous déloger en ont eu pour leur compte. Nous avons tué 118 éléments de cette bande de dozos et avons récupéré plus de 4 véhicules », a-il ajouté. A la fin de notre rencontre avec S.D., un véhicule banalisé gare juste à côté. 4 hommes armés qui semblent être ses hommes en descendent. C’est l’heure du rassemblement dans un hôtel situé à niangon-sud, apprend-on. C’est aussi ce moment qu’il choisi pour prendre congé de nous. Chaque jour des coups de feu se font entendre dans tous les quartiers de Yopougon. Alors que la tendance est à la fin de l’état de belligérance et au retour de la paix, les populations de cette commune se demandent pour combien de temps encore elles devront subir cette situation. Déjà certaines d’entre elles ont commencé à déserter les quartiers comme Sideci, Toits-rouges ou Koweit du fait de la menace des combats.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Maroc : le Koweït investit dans le TGV

Le Koweït a accordé un prêt de 712 millions de dirhams au Maroc dans le cadre du financement du projet de train à grande vitesse devant relier Tanger à Casablanca en 2015. Pour sa participation au financement du projet de train à grande vitesse (TGV) permettant de relier Tanger à Casablanca, nord du Maroc, le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (FKDEA) a octroyé un prêt de 712 millions de dirhams (63 millions d’euro) au royaume chérifien. Dans ce sens, deux conventions de prêt et de garantie relatives à ce projet ont été signées mardi, à rabat, en présence de l’ambassadeur du Koweït à Rabat, Shamlan Abdelaziz Al-Roomi et du directeur du FKDEA, Abdelwahab Ahmed Al Badr. Côté marocain, le secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Khalid Safir, et le directeur du pôle développement de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF), Mohamed Smouni, étaient présents. A cette occasion, M. Safir et M. Al Badr se sont félicités quant aux...

Plus de 12 millions de Camerounais sans emploi

D’après l’Institut national de la statistique, 582 319 personnes ont un emploi salarié sur une population active de 13 millions L’Etat emploie moins de 200.000 agents Le travail est encore un véritable serpent de mer au Cameroun. Une hydre à mille têtes. C’est la principale leçon à retenir en parcourant le rapport commis par l’INS, après une enquête menée en 2009, et qui fait toujours foi. L’INS apprend ainsi que l’Etat du Cameroun, le premier employeur compte seulement 196.056 agents permanents. Le rapport est muet quant au personnel temporaire employé par l’Etat. D’ailleurs l’INS est assez réservé sur la question. Ce qui n’est pas le cas des statistiques inhérentes au secteur privé qui, après plusieurs décennies, a pour premier employeur la Cameroon development corporation (CDC), avec un peu plus de 13.000 employés dont la plus grande part est constituée d’ouvriers. Au sujet des statistiques en général, on retient que les entreprises recensées lors du dernier recensement g...

Sénégal: le fils de Wade est entendu par une gendarmerie

Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, se trouvait mardi dans une gendarmerie de Dakar pour une audition sur sa gestion, dans le cadre des audits lancés par le nouveau chef d'Etat Macky Sall, a-t-on appris de sources concordantes. Karim Wade était mardi matin dans les locaux de la section Recherches de la gendarmerie de Colobane, un quartier populaire de Dakar, a indiqué à l'AFP un membre de son entourage. L'ancien ministre Wade est "effectivement convoqué aujourd'hui (mardi)" par la gendarmerie, a indiqué une source proche de l'enquête, sans préciser l'objet de l'audition. Karim Wade, qui avait été très critiqué pour sa "mauvaise" gestion des deniers publics, a été convoqué dans le cadre des audits lancés par le président Sall, ayant battu en mars son ancien mentor Abdoulaye Wade qui était au pouvoir depuis douze ans, selon plusieurs médias sénégalais. Cet ancien ministre de son père ...