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Trafic d’armes en Afrique centrale


Depuis quelque temps, des agences de presse et des médias, notamment au Gabon, en Guinée Equatoriale et Congo, font état d’un trafic d’armes en Afrique centrale. Le Cameroun n’y échappe pas.
A la suite de certains journaux congolais, « Le Messager » qui relayait dans l’édition de vendredi dernier que le Cameroun était « épinglé dans un trafic d’armes », pendant que le bi-hebdomadaire « Aurore plus » rapportait, dans sa parution de fin de semaine dernière, que « trois mille matériels militaires » qui auraient  transité par le port de Douala ont été arrêtés au Congo. Ces publications ont rapporté qu’un richissime homme d’affaires libanais, en l’occurrence Zouhair Fadoul, intéresserait l’enquête.
D’après des sources concordantes, des camions appartenant à une des entreprises du groupe Fadoul, plus précisément la société Sifco installée au Congo, seraient au centre d’une controverse, avec quelque trois mille matériels militaires arrêtés, a-t-on appris en présence des responsables du ministère de la Défense congolaise dans la localité de Tala Tala, frontalière de la ville de Moloundou, au Cameroun. Bien connu des milieux d’affaires au Cameroun à travers, entre autres, les sociétés Mitcam, Sacam, Sidem, Sofibel, Technibois et Xerox, cet homme d’affaires libanais serait propriétaire de dizaines d’entreprises ayant pignon sur rue aussi bien en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique centrale.
En attendant la fin des enquêtes menées par des services de sécurité congolais, qui pour la circonstance auraient sollicité l’appui de leurs homologues camerounais, notamment pour ce qui est du volet lié aux renseignements, l’on ne saurait cependant s’empêcher de se poser quelques pertinentes questions. Qui a intérêt à déstabiliser l’Afrique centrale ? A qui étaient destinés les matériels militaires arrêtés au Congo ? Zouhair Fadoul et ses collaborateurs en seraient-ils responsables ou ont-ils seulement servi de relais de par leur qualité de transporteur ? En faisant transité les armes par le port de Douala pour le Congo, peut-on dire que c’est ce pays qui était la destination finale ? Pourquoi les responsables du groupe Fadoul se refusent-ils à toute explication ? S’agit-il d’un quelconque aveu ou sont-ils tenus par le « secret défense » imposé par les autorités congolaises et camerounaises ? Quoi qu’il en soit, ce sujet est préoccupant et mérite la plus grande attention des dirigeants de la sous région au risque d’être surpris par quelque soulèvement armé.
 
Tentatives de déstabilisation
Faut-il le souligner, plusieurs Etats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) organiseront des consultations électorales cette année. Entre la présidentielle en Centrafrique et au Cameroun, et les législatives au Gabon et au Tchad, il y a lieu de se montrer vigilant, d’autant que des groupes organisés sont décidés à conserver le pouvoir à tout prix, tandis que d’autres groupes, organisés eux aussi, seraient décidés à conquérir le pouvoir par tous les moyens. Si en Centrafrique et au Tchad, les mouvements rebelles sont connus et ne manquent pas de déstabiliser de temps en temps le pouvoir, le moins que l’on puisse dire est que les autres pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon et Guinée Equatoriale) vivent une paix précaire, et Dieu seul sait s’il y a des velléités de déstabilisation assumées ou latentes.
Lorsqu’on voit comment des milices « Cobras », « Coyotes », « Ninjas » et autres ont provoqué la déstabilisation des pouvoirs aussi bien au Congo, en Centrafrique qu’au Tchad, il y a lieu de se montrer très vigilant avec cette affaire de trafic de matériels militaires. Ces derniers mois, mêmes des régimes stables comme au Gabon et en Guinée Equatoriale n’ont pas manqué de dénoncer des « tentatives de déstabilisation » impliquant des mercenaires étrangers. Tenant compte de la situation sociale, politique et économique particulièrement tendue dans la plupart des pays de la sous région, il est fort probable qu’il y’ ait des esprits retors qui en veuillent à ces pays et dont des conflagrations armées peuvent être source d’un juteux business. Voilà un sujet qui devrait sans doute retenir l’attention des chefs d’Etatsde la sous région.

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