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Tête-à-tête Ouattara-Gbagbo sur le navire sud-africain ?


Depuis plusieurs jours, le navire Sas Drakensberg, un ravitailleur de la marine sud-africaine, croise au large de la Côte d’Ivoire. Ce gigantesque bâtiment a rejoint le ravitailleur hollandais Hnls Amsterdam, et le navire français Bpc Tonnerre. Certains ont vite fait d’affirmer que le navire sud-africain était là dans le cadre de l’option militaire envisagée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) contre Laurent Gbagbo (proclamé président de la République par le Conseil constitutionnel). D’autres ont fait savoir que ce gros engin se trouve dans les eaux ivoiriennes pour évacuer les civils en cas de reprise de la guerre. Des sources concordantes, contrairement aux raisons évoquées, révèlent ‘’la vérité’’ sur la présence du navire sud-africain en Côte d’Ivoire. Ce navire de guerre, le plus grand et le plus sophistiqué d’Afrique du Sud, indiquent nos sources, a été dépêché en Côte d’Ivoire pour servir de cadre de discussion directe entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, déclarés respectivement président de la République par le Conseil constitutionnel et par la Commission électorale indépendante (Cei). Les deux candidats de La majorité présidentielle (Lmp) et du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), faut-il le préciser, revendiquent chacun la victoire à la présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d’Ivoire. Le navire sud-africain s’est retrouvé à Abidjan à la suite de la proposition de dialogue direct Gbagbo-Ouattara, faite par la communauté internationale et surtout par l’Union africaine pour tenter de résoudre pacifiquement la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. C’est Raïla Odinga, premier ministre kényan et émissaire de l’Ua qui avait lancé le ballon d’essai. Mais qui s’était buté début janvier lors de sa toute première arrivée à Abidjan, sur le refus du camp Ouattara reconnu comme vainqueur de la présidentielle par l’Union africaine. Revenu le 18 décembre 2010 sur les bords de la lagune Ebrié, Odinga qui a relancé sa proposition, a échoué une fois de plus, et avait quitté Abidjan, la boule dans la gorge. Mais l’idée d’un tête-à-tête Gbagbo-Ouattara n’a jamais quitté le rayon de la Communauté internationale.
Grande méfiance Parallèlement donc à la mise en place du Panel des chefs d’Etat, lors du 16ème sommet de l’Ua, les 30 et 31 janvier 2011 à Addis-Abeba en Ethiopie, les chefs d’Etat qui privilégient désormais la voie de la négociation, œuvrent en sous main, pour un dialogue direct entre les deux protagonistes de la crise post-électorale. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara seraient disposés désormais à aller à ce dialogue, avec leurs positions respectives. Mais, révèlent nos sources, les choses avaient tardé du fait de la grande méfiance qui existe entre eux. Laurent Gbagbo aurait refusé de se rendre au Golf hôtel pour discuter avec son rival, estimant que sa sécurité ne serait pas garantie en ces lieux. Quant à Alassane Ouattara, il aurait opposé un refus catégorique à la proposition de discuter avec Laurent Gbagbo au Palais présidentiel au Plateau ou dans un autre cadre à Abidjan. Face donc à ces positions rigides, précisent nos sources, il leur a été proposé de se rencontrer sur le navire français Bpc tonnerre qui mouille dans les eaux ivoiriennes depuis plusieurs semaines. Refus catégorique de Laurent Gbagbo pour qui, aller sur ce navire, serait se jeter dans la gueule du loup, étant entendu que ses relations avec la France sont exécrables. Alors, comme palliatif, les instigateurs du dialogue ont proposé et obtenu l’arrivée du navire sud-africain. Les choses devraient aller vite mais les prises de position du président sud-africain Jacob Zuma (il semblait défendre Laurent Gbagbo), ont amené le camp Ouattara à se rebiffer. Alassane Ouattara serait revenu à de meilleurs sentiments avec les dernières décisions de l’Ua, qui le reconnaissent comme président élu de la Côte d’Ivoire. Les négociations directes pourraient avoir lieu sur le Sas Drakensberg de la marine sud-africaine, avant l’arrivée à Abidjan, du panel des chefs d’Etat de l’Ua.
Des dispositions sécuritaires des plus corsées sont en élaboration, a-t-on appris.

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