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Cote-d'Ivoire: Ban ki-moon a peur

Le secrétaire général des Nations-Unies n’a pas la paix du cœur. Depuis que l’idée de la réévaluation du processus électoral émise par le président ivoirien Laurent Gbagbo pour régler la crise post-électorale a été vue comme géniale par ses pairs, Ban Ki-moon est entré en transe. Il a peur que l’on découvre ses magouilles, ses mensonges cousus de fil blanc et que cela ne remette en cause non seulement la prétendue élection de Ouattara mais aussi son deal avec la France pour sa réélection à la tête de l’ONU.
Vendredi, jour de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui se tient à Addis-Abeba, Ban Ki-moon était à Davos en Suisse où il est intervenu à la tribune. Le fait que l’unanimisme apparent du début de la crise ivoirienne se fissure pour la recherche de la vérité n’emporte pas son adhésion. «Je suis inquiet que des différences d’opinion apparaissent maintenant au sein de l’Union africaine. Ce n’est pas souhaitable en ce moment où il faut préserver l’intégrité et le principe fondamental de la démocratie». Pour Ban Ki-moon, même si l’on a découvert la vérité, on devrait se ranger toujours derrière ses grotesques montages et mensonges afin de lui permettre d’avoir un second mandat à la tête de l’ONU.
Ses pleurs n’ont pas été entendus puisque les participants au Conseil de paix et de sécurité (CPS) ont adopté l’idée d’une réévaluation du processus électoral en Côte d’Ivoire. Le lendemain soir, sa colère monte et il se met dans la rébellion. Réévaluer le processus électoral ivoirien «serait une grave injustice», dit le Sud-Coréen. Pourquoi la réévaluation qui fait l’unanimité au sein des chefs d’Etat peut-elle être «une grave injustice» et pour qui ? S’il ne le dit pas explicitement, le secrétaire général de l’ONU donne des clés pour comprendre sa complainte. Ban Ki-moon estime que Ouattara est élu, un point un trait. Il s’en fout des décisions que prendraient les chefs d’Etat africains pour redresser telle ou telle chose. D’ailleurs, il demande à Ouattara de former un gouvernement d’union. Quelle foutaise ! L’Union africaine devrait, dans une adresse, lui fermer le caquet.
C’est clair donc. Revisiter le processus électoral ne fera pas l’affaire de Ouattara. Et Ban Ki-moon sait pourquoi. Lui et son compatriote Choï ont tripatouillé les résultats du second tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Pour donner la victoire à leur ami Ouattara, ils ont été obligés de gonfler les résultats de nombreux bureaux de vote dans le nord de la Côte d’Ivoire. Une pratique indécente qui les a obligés aussi à majorer le taux de participation qu’ils ont fait passer de 70,1% à 81%. Ban Ki-moon ne veut absolument pas que ce pot-aux-roses soit découvert. Ce qui ferait de lui un diplomate pas sérieux pour ne pas dire un diplomate-poubelle. Il le sait, les conséquences de cet état de fait sont nombreuses et désastreuses pour leur groupe : Ouattara sera découvert comme un gros fraudeur et son rêve de devenir coûte que coûte président de la République de Côte d’Ivoire va s’évanouir. Ban Ki-moon lui-même ne sera plus sûr de rempiler à la tête de l’ONU comme le lui ont promis ses bailleurs de fonds s’il réussit à installer Ouattara au pouvoir.
En déclarant publiquement que le recompte des voix est une injustice pour son poulain, il reconnaît explicitement qu’à la fin du travail des experts qui vont bientôt arriver à Abidjan, Ouattara sera déclaré perdant pour fraude massive, violence physique et viol sur les militants LMP, séquestration, non respect des règles édictées par la CEI. Il mène donc une offensive qui n’a pas lieu d’être dans la mesure où la mesure de réévaluation du processus électoral n’est pas nouvelle dans la vie des pays qui sortent des élections à problèmes.
Les Haïtiens qui étaient aux urnes comme les Ivoiriens le 28 novembre dernier pour une présidentielle et des législatives en sont aujourd’hui au recomptage des voix parce que des candidats ont dénoncé des fraudes massives dans de nombreux centres de vote. Les experts envoyés par l’Organisation des Etats américains (OEA) sont à pied d’œuvre pour déposer les conclusions de leurs travaux. L’année dernière, il y a eu des élections en Afghanistan sanctionnées par des fraudes massives. Le président sortant Hamid Karzaï a été accusé ouvertement par son challenger Abdullah Abdullah d’avoir préparé cette fraude qui l’a donné vainqueur avec 54,6% des voix contre 27,8% pour Abdullah. Lequel a alors demandé que l’on procède au recomptage des voix. Ce qu’il a obtenu des juridictions de son pays. La fraude a été effectivement découverte lors du recomptage des voix puisque Karzaï est descendu à 49,67% des voix contre 30,59 % pour Abdullah. Si Karzaï est aujourd’hui à la tête de l’Etat afghan, c’est parce que la démission exigée par Abdullah du ministre de l’Intérieur et du président chargé d’organiser les élections et qui ont été défaillants n’a pas été obtenue entièrement. Ce qui a amené Abdullah à renoncer à poursuivre la compétition.
Remarquez bien ! En Afghanistan, les soutiens de Karzaï qui se comptent parmi les influents de ce monde lui ont fabriqué une victoire : 54,6%. En Côte d’Ivoire, les soutiens de Ouattara qui se trouvent être aussi dans cette communauté internationale lui ont fabriqué aussi une victoire avec presque le même pourcentage : 54,1%. En général, cette «victoire» ne repose sur rien de solide. Il suffit simplement de remuer un tout p’tit peu le cocotier pour que tout s’écroule comme un château de cartes. C’est de cela que Ban Ki-moon, Ouattara et les autres qui le soutiennent ont peur. D’où la campagne bruyante et brouillonne qu’ils mènent depuis pour empêcher la vérité d’éclore.
La crise ivoirienne grille tellement de chefs d’Etat que ceux-ci tentent maintenant de se mettre en retrait pour envoyer Ban Ki-moon en mission afin qu’il puisse remplir publiquement sa part de contrat. Comme les autres, il s’y prend maladroitement. Il pousse Ouattara à anticiper sur les résultats de la réévaluation du processus électoral par des experts en formant un gouvernement d’union nationale. Pour que la crise ne prenne pas fin. C’est triste de la part d’un diplomate d’un pays respecté.

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