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Algerie :les usa réagissent

Washington réagit promptement à la décision de la levée de l’état d’urgence adoptée lors du Conseil des ministres, mardi dernier. «La décision du gouvernement algérien de lever l’état d’urgence est positive, mais elle doit se traduire par une extension des libertés et un véritable changement», a écrit le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley, sur son micro-blog twitter.
Voilà qui pourrait mettre dans «l’embarras» les autorités algériennes. Il faut dire que le chef de l’Etat et tout le personnel politique dirigeant a feint d’ignorer, tout au long de ces dernières semaines notamment, l’aspect politique de la crise qui mine le pays.
Cette sortie publique du porte-parole du département d’Etat coïncide avec l’arrivée à Alger, aujourd’hui, du sous-secrétaire d’Etat aux affaires politiques, William J. Burns, pour une visite de deux jours. En tournée dans la région – il a effectué une visite en Jordanie, en Egypte et en Tunisie –, ce haut responsable de l’Administration Obama devrait rencontrer le chef de l’Etat ainsi que d’autres responsables du pays. Il va sans dire que les discussions seront axées autour de la situation nouvelle dans les pays arabes, dont les régimes politiques s’effondrent en cascade sous la pression des révoltes populaires. Il sera aussi question d’échanges sur la situation en Algérie qui, faut-il le souligner, n’est pas en reste, loin s’en faut.
Si jusqu’à présent, l’Algérie n’a pas connu un mouvement de contestation de la même ampleur que ceux qui ont ébranlé la Tunisie, l’Egypte et la Libye, il n’en demeure pas moins que le pays exprime le besoin d’un changement certain du régime politique, même si le verrouillage tous azimuts l’empêche de se manifester. Dans la foulée des soulèvements populaires qui ont renversé, jusqu’à présent, deux despotes, Ben Ali et Moubarak, des nombreuses voix, en Algérie, s’élèvent et tentent d’éviter au pays de rester en dehors de ce mouvement de l’histoire en marche dans la région.
Les Américains ne l’ignorent pas. Ils réclament un changement qui va dans le sens de leurs intérêts stratégiques dans la région. Des intérêts qui ne convergent pas forcement avec ceux exprimés par les révoltes populaires. Faut-il rappeler que les Egyptiens, dans leur mouvement de libération, se sont heurtés non seulement à la résistance du régime de Moubarak, mais également aux puissances occidentales qui continuaient à soutenir un régime finissant. C’est seulement une fois la chute du «pharaon» du Caire effective que Washington s’est précipité à apporter un soutien total à la «révolution du 25 janvier». L’Administration Obama pèse de tout son poids pour maintenir en place un système pas hostile. En somme, les Etats-Unis, «surpris» par l’ampleur et l’accélération des évènements dans le monde arabe, font tout pour accompagner ce mouvement de l’histoire pour, sans doute aussi, que cette région demeure sous son influence directe. Une réelle démocratisation des régimes arabes hante l’Occident.

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